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Un chanteur pour enfants, que les enfants insupportent. Le même chanteur qui anime des goûters pour retraités à moitié engourdis. Un officier du culte célébrant des funérailles qui tournent à l'aigre. Un grand bourgeois racontant, au coin du feu, un conte de Noël qui met en scène des sans abris. Un candidat au suicide qui n'a plus d'autre perspective que d'appeler une personne inconnue. Une soirée mondaine où il est de bon ton de ne pas dire ce que l'on pense et où la pratique du contraire déclenche un vent de violence. Les personnages et les sujets que Nicolas Buysse aborde dans son premier seul en scène relèvent tous, en tout cas sur le papier, davantage du tragique que de la franche rigolade.
Pourtant, son écriture, conjuguée à celle de Xavier Diskeuve, et son interprétation nous font traverser les épreuves que connaissent ses personnages dans un grand éclat de rire. Le rire pratiqué par Nicolas est de ces rires qui n'ont rien de politiquement correct, qui ne caressent pas dans le sens du poil, qui nous mettent face à ce que l'homme a de plus profondément dérangeant. Son humour convoque tantôt le Franquin des "Idtées Noires", tantôt le regretté Pierre Desproges qui affirmait qu'il était sain et nécessaire de rire de tout... mais pas avec n'importe qui.
Dans une époque où les scènesmanquent parfois de mordant, où la télévision véhicule des humoristes kleenex qui n'osent pas franchir certaines frontières, Nicolas Buysse ose être méchant. Mais sa méchanceté est jubilatoire car derrière le jeu décalé de l'acteur se cache un vrai gentil. A aucun moment, on ne rit des personnages qu'il campe dans toute leur lâcheté ou leur médiocrité. On rit AVEC eux. Et avec lui.
Eric Busson, journaliste














