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MAKEREEL,CATHERINE
Jeudi 6 mars 2008
Théâtre Le marathonien de nos scènes
Il joue dans « Le jeu de la vérité », joute à la Ligue d’impro et prépare « La vie de Bernard » : Nicolas Buysse est partout.
PORTRAIT
Preuve que Nicolas Buysse n’arrête pas, c’est avec une voix cassée qu’il nous salue avant de nous raconter sa carrière autour d’un thé chaud. Pas étonnant que ses cordes vocales aient du mal à suivre, le bonhomme combine actuellement les matchs de la Ligue d’impro les dimanches et lundis avec Le jeu de la vérité aux Galeries le reste de la semaine.
Une hyperactivité qui ne date pas d’aujourd’hui puisqu’on l’a vu en 2007 dans, tenez-vous bien, L’Emmerdeur à Namur, Cravates Club à la Toison d’Or, Dracula à Villers-la-Ville ou encore Lunes de Miel aux Galeries, sans oublier un second rôle dans Odette Toulemonde au cinéma.
Alors qu’il prépare un seul en scène de son cru, La vie de Bernard, il était temps de le soumettre à notre jeu de la vérité pour en savoir plus sur ce marathonien de nos scènes.
Première surprise, alors qu’on s’attendait à un quadragénaire et célibataire endurci, à l’image de son Jules déluré dans la comédie à l’affiche des Galeries, on voit arriver un sage père de famille qui installe ses enfants avec leur coloriage à la table d’à côté. Si le comédien de 33 ans cultive une barbe en friche, ce n’est pas pour ces dames, mais pour se vieillir à la demande du metteur en scène. « Dans la vie, je serais plutôt Fabrice, le chef de cabinet marié avec enfants de la pièce, même si je suis aussi déconneur comme Jules, avoue celui qui porte avec fougue cette comédie de Philippe Lellouche croquant trois hommes et une femme en pleine crise de la quarantaine. Comme Jules, je suis un enthousiaste dynamique mais je partage aussi sa peur de s’installer trop vite dans une routine. Ça me fout la trouille, ces gens dont la vie s’est arrêtée à leurs enfants. »
Un désir de nouveauté qui explique sans doute ce malin plaisir qu’il prend à multiplier les défis, à commencer par La vie de Bernard, son tout premier seul en scène. « Bernard, c’est un gars célibataire, le quadra type qui a réussi sa vie professionnelle mais collectionne les échecs amoureux. Il a tout essayé : internet, speed dating, drague directe, randonnées en groupe, mais rien n’y fait. Alors il se retrouve à des repas entre amis, de ces repas où les parents parlent de bébés nageurs et de stages en immersion, et où quelqu’un a invité une autre célibataire, persuadé que les deux sont faits l’un pour l’autre. Il y a là un décalage très drôle. La pièce s’inspire d’un ami à moi mais je ne lui ai pas encore dit. Il aura la surprise en voyant le spectacle. »
Outre ce « one-man chaud » interactif (les spectateurs aideront Bernard à trouver l’âme sœur à l’aide d’un boîtier électronique), Nicolas s’est lancé un défi encore plus fou : jouter à la Ligue d’Impro. Alors que beaucoup de comédiens y font leurs premières armes avant de se faire un nom sur les scènes, lui fait le chemin inverse.
Pourquoi une telle mise en danger alors que pleuvent les propositions de rôles ? « Ça permet d’essayer des choses nouvelles. On peut se planter, oser plein de trucs. Et puis, on y retrouve des comédiens très différents, venus du Parc, des Martyrs, du Public, dans un autre cadre, en toute simplicité. Cela dit, le premier jour, j’ai été malade de trac. Tu sais qu’à ta première impro, tout le monde t’attend au tournant. Tout à coup c’est à toi, et là, y a tout qui tourne. »
Comme un pied de nez à tous ceux qui veulent le coincer dans les limites carcérales d’un genre, dont celui de la comédie qui le sollicite beaucoup, l’acteur brouille les pistes. Tantôt, il tourne au cinéma – il tient le rôle-titre dans Le Stagiaire, long-métrage de Xavier Diskeuve bientôt sur les écrans – ou crée de A à Z des projets « jeune compagnie » comme Kermesse ou Les Animals avec son ami Jean-Michel Frère et la compagnie Victor B. Serait-ce parce qu’il est né au Guatemala où ses parents enseignaient aux indigènes dans la montagne que Nicolas Buysse a le sang chaud et une telle bougeotte ? Si les scènes ne s’en plaignent pas, lui guette le trop-plein. « Il ne faut pas faire ça toutes les saisons. C’est important aussi de se ressourcer. » Ce n’est pas sa voix qui proteste actuellement pour les 35 heures qui dira le contraire.
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