MAKEREEL,CATHERINE
Mardi 11 décembre 2007

Théâtre Un nouveau duo Hanssens – Racan

Un rythme imparable et un duo complice font de cet « Emmerdeur » un boulet de première catégorie !

CRITIQUE

Comme tout pot de colle qui se respecte, François Pignon revient squatter nos soirées. L’Emmerdeur de Francis Veber, immortalisé à l’écran par Jacques Brel et Lino Ventura, récidive sur scène avec Pascal Racan et Daniel Hanssens. Après La cage aux folles et Le dîner de cons, les deux zouaves mettent leur savoir-faire comique au service des célèbres emmerdeur et emmerdé.

C’est à partir d’une nouvelle version scénique, remodelée par Francis Veber lui-même, que Daniel Hanssens a mis en scène cette comédie au rythme impeccable. Sur un plateau avec vue simultanée sur deux chambres d’hôtel voisines, on assiste à la rencontre entre deux hommes que tout oppose : Pignon, photographe minable au bord du suicide parce que sa femme l’a quitté pour un psy, et Milan, tueur à gages qui joue sa peau sur un contrat. D’un côté, un con gentil et maladroit, en mal d’amitié. De l’autre, un gros dur bougon en mal de solitude. Alors que Pignon vient de rater son suicide dans la salle de bain, Milan se voit obligé, pour ne pas attirer l’attention du personnel de l’hôtel et de la police, de veiller sur ce gaffeur chronique, dont il ne saura plus se débarrasser. Un contexte forcément fertile en situations vaudevillesques, compliquées d’un cran encore par l’arrivée de l’ex-épouse de Pignon et de son nouvel homme.

Prévisible, manucurée

Réglés comme du papier à musique, Daniel Hanssens et Pascal Racan affichent une belle complicité. Le premier, savoureusement têtu, devient attachant à force de maladresses tandis que le second, sobrement imperturbable d’abord, frôlera vite la crise de nerfs. L’équilibre est parfait entre les deux personnages.

La mécanique des quiproquos est bien huilée, l’emmerdeur exaspérant à souhait, les répliques d’une fluidité irréprochable et pourtant on n’accroche pas totalement à cet Emmerdeur. Tout est confortable et prévisible dans cette pièce manucurée avec application mais sans grande originalité. Sans compter qu’on a toujours quelques métros d’avance sur l’intrigue, le thème du « boulet » ayant déjà été exploité dans tous les sens.

Même les rôles secondaires semblent un peu téléguidés, surtout Nicolas Géal, trop guindé en garçon d’étage, qui contribue tout de même largement au comique de situation avec ses entrées drôlement mal venues. Si Cécile Florin paraît un peu absente en épouse déçue et indécise, Nicolas Buysse ajoute une bonne dose d’hystérie en psychiatre arrogant à la main lourde sur les calmants comme sur les amphétamines. Finalement, cet Emmerdeur n’est pas un casse-cou mais un divertisseur de bonne compagnie.

Du 11 au 15 décembre et du 24 au 31 décembre au Centre Culturel d’Uccle, 47 rue Rouge, Bruxelles. Du 17 au 23 décembre à Wolubilis, 251 avenue Paul Hymans, Bruxelles. Tél. 02.374.64.84.
lire l'article sur www.lesoire.be